Portes ouvertes 28-30 mai.

Les premiers légumes primeurs 2021 sont enfin là! Des radis tout frais pour accompagner les premières salades feuille de chêne que l’on peut aussi égayer avec un peu de wasabino émincé (goût de raifort) ou du persil frisé. Les premières feuilles de pak choï (chou de Chine) sont également là, parfaites à la poêle avec un peu d’oignon et d’ail; nous reviendrons sur ces pak choï un peu troués dans quelques lignes. Les salades d’hiver salanova restent en promotion à 1.50 (prix normal 2.50).

Comme dans la mode, nous sommes décalés. Alors que les premiers légumes primeurs arrivent à maturité et que les premières tomates sont à peine plantées, nous avons déjà effectué plus de la moitié des semis de la saison et nous venons de semer les choux de Bruxelles pour l’hiver prochain. 

La végétation s’éveille désormais aussi à l’extérieur. A notre grand bonheur et soulagement, les quelques 300 arbres et arbustes fruitiers plantés au mois de novembre ont tous repris mais pas trop vite ce qui leur a évité de fleurir au moment du fort gel de la semaine passée. Nous allons prochainement installer la première série de plantes vivaces au milieu du verger avec environ 40% de fleurs mellifères ou générant des nutriments pour les arbres, 40% de fraisiers des bois et 20% de plantes aromatiques (également mellifères). 

Ces prémices nous font entrevoir l’éco système rêvé et promettent un mois de mai verdoyant. Nous avons donc prévu d’organiser des portes ouvertes et l’inauguration de la Terre de Maia du 28 au 30 mai. Le dimanche 30 mai le festival ClapNature se tiendra également à la Grange à Jeanne. Les détails suivront en fonction de l’évolution  sanitaire. En tous les cas, à deux semaines des votations du 13 juin sur les initiatives en lien avec l’agriculture, nous n’éluderons pas le sujet et prévoyons d’organiser un échange publique sur ces objets.

En attendant, l’état des feuilles de pak choï nous permet d’ouvrir un début de réflexion et de tester nos convictions. Avides de crucifères, les altises (puces de terres) picorent leurs feuilles en commençant par les plus tendres comme celles de la roquette, des radis et donc des pak choï. Cela n’affecte en rien le goût du légume ni son apparence après cuisson. 

Il existe plusieurs traitements insecticides, y compris des moyens de lutte biologiques artificiels (introductions de prédateurs externes) ainsi que la pose de filets anti-insectes. 

Nous avons cependant choisi de jouer sur les complémentarités entres végétaux et de laisser notre éco-système trouver son propre équilibre; d’ici là, les pak choï souffrent pour les autres; ils sont plantés en alternance avec des choux fleurs et des brocolis qui ne sont pas affectés, leurs feuilles étant plus robustes; les radis voisins semblent également être “protégés”. Reste que certaines feuilles de pak choï ressemblent un peu à des passoires… et selon les critères de Bio Suisse et de l’union des maraichers elles ne devraient pas être mises en vente… du gaspillage beau-bioiste!

L’objectif d’une agriculture respectueuse des sols et des eaux est essentiel et nous y adhérons pleinement; il y a cependant des raisons plausibles de craindre les effets contraires des textes proposés; le chemin vers l’enfer est pavé de bonnes intentions! Selon un scoop de Bon à Savoir (4/2021), la direction de Bio Suisse, opposée aux deux initiatives, réussi néanmoins à le faire pour la pire des raisons: l’acceptation des textes réduirait la force commerciale de la marque, ce qui nuirait à l’organisation et aux marges du distributeur principal du label soit la Coop… 😱😭🤬

Ceci démontre malheureusement que la situation est complexe et que la nuance d’impose face aux solutions simplistes. Cela suggère aussi que le problème fondamental de l’agriculture et de la chaine alimentaire n’est pas un manque de lois ou de labels; plutôt un excès de centralisation et de technocratie qui s’ajoutent à un manque de proximité, de communication entre producteurs et consommateurs et en fin de compte de confiance et de cohérence. 

C’est pourquoi malgré des pratiques qui vont sur certains points plus loin que les règles de Bio-Suisse nous n’envisageons pas d’obtenir un label pour le moment. Notre label le plus fort est votre confiance, vos visites régulières et nos échanges. 

N’hésitez pas à poser des questions et à dialoguer avec nous comme avec tous les producteurs de la région. Tous nos achats, nos pratiques et nos interventions seront (une fois notre site mis en place) visibles et traçables de A à Z. Sans produits de synthèses, quasi sans machines et dans le respect du sol vivant.

Nous nous réjouissons de vous retrouver autour de la Terre de Maia. Nos légumes sont en vente les jours de semaine 10-12h et 16-18h. Pour le moment nous ne récoltons rien à l’avance, prévenez-nous de votre commande par message si vous êtes pressé.e.s ou (surtout) si vous souhaitez des épinards.